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12/04/2006 | |
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On dit que le mur bouge la nuit. On dit que ce sont des ouvriers Palestiniens n’ont plus de boulot, alors c’est eux qui le construisent. On dit qu’un multimillionnaire Palestinien réfugié en Égypte a fait un don de ciment à l’OLP pour qu’ils construisent de nouveaux logements dans les camps. On dit que l’OLP a vendu le ciment aux Israéliens. On dit qu’ils en ont fait un mur. Et que ce sont les Palestiniens qui le construisent. On dit. Le mur. On ne croyait pas avoir à dire quoi que ce soit à propos des murs depuis longtemps. Depuis le mur du ghetto de Varsovie. Ghetto est un mot polonais. Depuis le mur de Berlin, pas très loin. Le mur qu’on a écrasé. Tear down the wall. ONU, tankalleestaße, plus jamais ça. On en parle de murs depuis la muraille de Chine, depuis la ligne Maginot, depuis le mur des lamentations.
On m’a dit qu’avant, il n’y a pas si longtemps, il arrivait qu’un Israélien vienne souper à la maison. Un type avec qui l’on faisait des affaires. Qu’ils achetaient leurs légumes dans les territoires, que c’était moins cher. On dit qu’il y avait du bon voisinage. Pas encore de l’amitié, mais du bon voisinage. Et les travailleurs de Ramallah traversaient vers Jérusalem pour une journée de salaire. Que ceux de Gaza City se tapaient le check point Erez pour aller à Tel-Aviv travailler. Journaliers. Ou plus. Employé. Depuis des années. L’économie dépendante de l’occupant. Comme un plan. On m’a dit que certains employeurs appellent encore, préoccupés. Qu’ils envoient des sous à leurs ouvriers... On m’a dit que le mur était une cicatrice qui ne guérirait pas. Que c’était la dernière frontière, la rupture finale. Même le paysage crie. Que ça prendra des générations avant qu’il y ait un souper où tous soient invités, ou même un café, un narguilé. On dit que lorsque certains enfants des camps voient des soldats à la télé, des soldats bosniaques, indonésiens ou canadiens, ils disent maman, il y a des Juifs à la télé. Tous ceux qui portent des armes sont des Juifs d’après eux. Le mur a déterminé l’ampleur de la plaie pour des générations à venir. Maksun. On dit que ce sont l’ennemi. MASSADA, 1ER KAMIKAZES.
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juillet 2004.
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