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13/07/2005 | |
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Voici le chapitre suivant du carnet de voyage réalisé cet automne entre le Liban, la Syrie et Montréal. 3
clous, La ilaha illa llah . Il n'y a qu'un dieu, dieu. Mais il y a trois
religion. Le plus politique, le plus corrosif, c’est ça ?
La religion ? Cette descente en enfer, cette illumination ? Ce vieux clou
rouillé ? C’est pratique, la religion... La ilaha illa llah,
il n’y a qu’un dieu, dieu.
Au berceau des empires, des couronnes d’épines, des quarante jours dans le désert et des serpents qui parlent, Dieu reste et semble errer. Y a-t-il ici une source miraculeuse de sang ou d’eau bénite pour me laver ? Y a-t-il ici la réponse aux questions ? L’univers est-il silencieux ici aussi ?
Il y a dans les paysages d’ici, l’âme de St Siméon, stylite mystique, flagellé, affamé en haut de sa colonne pendant 37 ans à prier. Un jour, au début de la chrétienté, un mystique illuminé est monté en haut d’une colonne de 11 mètres et il y est resté là 37 ans. Et les ruines de l’Église de St Siméon irradient autre chose qu’une ruine de guerre. 37 ans... C’était l’époque des miracles. Flotte aussi autour, la mémoire folle des emmurés volontaires qui eux aussi voulaient se rapprocher de Dieu, qui se sont enfermés dans un trou avec comme seul ami, une petite ouverture vers le vent, vers la rosée, vers l’humanité. Malgré la panique et ma claustrophobie. Il y a dans ces montagnes, dans ces mots, au cœur de ce paysage, la possibilité d’incarner nos paradoxes, de les aimer.
Parler du Moyen-Orient sans parler de religion c’est comme goûter une olive qui n’aurait pas d’huile. Ici, chaque lopin de terre a été foulé par le sang et par le miracle. Un prophète par famille. Un martyr aussi. Un royaume par olive. À quand la paix ? La Sainte paix... Si Dieu existe, il se cache dans la laine des moutons. Dans les nuages bibliques. Dans les déserts polyglottes. Dans les analphabètes, dans le noir des yeux voilés, au cœur du peuple, dans les vraies gens, de toutes les religions. Et à ce Dieu, j’ai envi de croire. Inch Allah, si je crois. C’est si pratique, si réconfortant… On n’est plus seul. Mais moi, je ne suis pas d’ici.
Chez
moi, Dieu est mort. Allah lave son corps, ses stigmates au hammam. Et
comme ils sont tout puissants, ils se parlent. Dans la brume blanche comme
un nuage, ils parlent lentement. Ils parlent peu. Il fait chaud. L’air
est lourd. La chaleur brûle les yeux. Le temps prend une pause.
Il se lave au hammam. Le
temps est arrêté. Et moi, je reste seul comme mon continent.
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