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06/07/2005 | |
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Voici le chapitre suivant du carnet de voyage réalisé cet automne entre le Liban, la Syrie et Montréal. Novembre 2004, France. Yasser Arafat, qui s’est battu toute sa vie pour un coin de pays, va mourir ailleurs. Exilé, réfugié, même dans la mort.
Qu’est qu’on doit lire entre les lignes ? Qui maintenant pourra dire que les camps ne sont pas un pays, mais une escale sans destination visible ? Son keffieh était noir et blanc, noir terrorisme, blanc espoir. L’homme est ambigu, mais la cause crève le cœur. Il était riche à faire pâlir le pétrole de l’Arabie, à le blanchir probablement, d’où venait son argent ? Mais il vivait depuis décembre 2001 dans une pièce, emprisonné entre les snipers et les traités, à dormir sur un lit de camp. Réfugié à même son sommeil, à même ses rêves. Noir et blanc, les rêves. Noir résistance, blanc propagande. En équilibre entre les ages, militant ou meurtrier, sauveur ou obstacle, père ou parricide ? Il y a des alphabets qu’il reste à inventer. Des mots non dits, des paroles à trouver pour parler des hommes. Pour abattre les murs. Ils sont face à un mur. 8 mètres de haut, le mur. Quoi croire ? Plus de 600 KM de long. 75 % des attentats de bloqués disent certains. 10 à 15 % de la Cisjordanie volé disent d’autres. 85 % du Jourdain détourné avant d’entrer en Cysjordanie, la Mer Morte en baisse de 1 mètre par année. 150 000 oliviers d’arrachés pour la construction du mur. Maintenant qu’ils n’ont que les noyaux, ils se radicalisent.
Plus que trois jours au Ramadan. Plus que trois jours au retour de la lune noire et au départ des amitiés. Et Damas est recouverte d’affiches neuves. Les deux drapeaux sont en berne, trois jours de deuil national. Le vieillard est mort de la multiplication des cellules. Et les cellules vont continuer à se remplir de prisonniers puisque la violence est le vocabulaire du muet. Les héros feront la file devant l’imprimerie noire des affiches de martyrs. Crache. Le désert avance. Les colonies ne reculent pas. Le sable entre dans la bouche d’un peuple, ils ont faim, ils ont peur et qu’ils sont fatigués. Désespérés.
Une nouvelle affiche devient bleue au soleil. Le vieillard est mort, sa photo est le papier peint d’un espoir emmuré. Frappe chirurgicale, mort clinique, mutisme, autisme. Palestine. Tu dois te sentir seul ce soir, Sharon... Ton ennemi, ton miroir est mort.
Golgotha. Keffieh. Kamikaze. Le Moyen-Orient est crucifié. Trois clous, un juif, un musulman, un chrétien. Le territoire est un immense Golgotha et le sable saigne.
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