![]() |
29/12/2004 | |
|
À quoi t’attends-tu ? Les gens ici n’ont pas plus de solution. Ils sont à cheval sur l’horizon, à regarder le Sud en espérant que l’avion se pose, que la neige soit clémente et que tous décident de finir la journée sans se mettre une balle dans le nez. Ils ont mis une croix sur nos traditions avec un dieu cloué dessus. Dans le sous-sol de la niche de ce dieu, se tiennent les rassemblements d’alcooliques sans nom. L’anonymat aussi est venu par bateau. Puis maintenant les avions. Qui apportent les cargaisons d’alcool à nos villes sèches. Avant nos femmes avaient des tatouages qui parlaient du passé et qui chantaient leur nom, leur clan et leur famille. L’identité gravée sur le visage. Par les tatouages, par les rides aussi. Des rides comme des traces de traîneaux qui sont si différentes de celle des skidoos. Avant les hommes savaient lire la neige. Ils savaient la profondeur de la banquise et l’ampleur cachée des icebergs. Inuit, ça veut dire humanité. Nous nous croyons unique. Nous croyons que la terre était une boule de neige, avec dessus, que quelques ours blancs, des caribous, des morses, et quelques hommes. Nous. Nous étions l’humanité. Vêtue de peau. Les
shamans ont été excommunié. Être sans communauté,
ici, c’est mourir. Et le super sans plombs remplace l’imagination.
Nous sommes des nomades assis. Nous errons à l’intérieur
de nos L’ours blanc ne sera-t-il qu’une légende ? Un autre peuple en bouteille parmi tant de consignés. Notre culture ne tient pas l’hiver moderne. C’est sûr, nous nous habillions de peaux et n’avions pas encore découverts l’alphabet. Les chants de gorges seront bientôt photogéniques. Et l’igloo, personne ne saura comment le façonner. Il fera froid. Le constat est triste. Mais le progrès n’a pas de pitié. À nous d’être performant. Moi, je ne serai pas de la course. Je me souviens des rivières. Au centre du Nunavik, il y a le plus gros cratère. Je sais les chemins qui s’y rendent. Je sais aussi que les esprits sont aspirés par sa gueule. Par son eau si claire, si pure. Je boirai l’eau. J’oublierai que j’ai deux noms, le mien et celui qu’ils m’ont donné. Je me camouflerai. Ce sera moi, le dernier ours blanc.
Seul manger de la viande de phoque peut nous protéger contre le réel des grands froids. Celui qui fend les avions, et qui ralentit les satellites. Celui qui étouffe les bases militaires, qui givre les réacteurs nucléaires, qui ralentit. Et les corbeaux mangent les yeux des pilotes. Et le blizzard mange la carcasse de l’avion.
|
|
|||||
| Notre sélection 9
janvier 2002
14 novembre 2001 31
octobre 2001
5 septembre 2001
15 août 2001 9
mai 2001
2 mai 2001
28 mars 2001 28
février 2001
21 février 2001 19
septembre 2000
14 août |
| Archive 2004 29
décembre 8
décembre 1er
décembre 24
novembre 17
novembre 10
novembre 3
novembre 27
octobre 20
octobre 13
octobre 6
octobre 29
septembre Intermède: Snowflake diaries 15
septembre 8
septembre 1er
septembre 25
août 18
août 11
août 4
août 28
juillet 21
juillet 14
juillet 7
juillet 30
juin 23
juin 16
juin 9
juin 2
juin 26
mai 19
mai 12
mai 5
mai 28
avril 21
avril 14
avril 7
avril 31
mars 24
mars 17
mars 25
février 18
février 11
février 4
février 28
janvier 21
janvier 7
janvier |
| Archive 2003 17
décembre 10
décembre 3
décembre 26
novembre 19
novembre 12
novembre 29
octobre 22
octobre 15
octobre 8
octobre 1er
octobre 24
septembre 17
septembre 27
août Fin du publi-reportage 3
septembre 20
août 13
août 30
juillet 16
juillet 9
juillet 2
juillet 25 juin 18 juin 11
juin 4
juin 28
mai 21
mai Publi-reportage 14
mai
7 mai
30 avril
23 avril Fin du Publi-reportage
16 avril
9 avril
2 avril
26 mars
19 mars
12 mars
5 mars Publi-reportage
26 février
12 février
5 février
29 janvier
22 janvier
15 janvier
8 janvier |