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23/06/2004 | |
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Roman
en construction, Chapitre 6 / 11ème partie. La salle d’attente
Il est 4 heure du matin. Je ne ferme pas les yeux. J’ai dormi quelques heures hier, je ne crois pas que je vais dormir cette nuit. Être vieux, c’est attendre, alors j’attends. J’attends la mort. Le sommeil. Le lever du soleil. Je
ne veux plus me laver. Mon odeur m’assure que je suis en vie mais
aussi que je suis en train de pourrir et que j’en ai plus pour longtemps.
Du bruit. Ses pantoufles à elle, qui traîne sur le plancher. Elle se dirige vers notre chambre. Elle non plus, elle ne dort pas. Elle entre. Ces temps-ci, on essaye de ne pas dormir en même temps. Rarement deux dans la chambre. Je crois qu’elle me regarde. Je ne vois pas bien, je n’ai pas mes lunettes, je mets rarement mes lunettes, elles sont là à côté du lit, sur la table de chevet couverte d’une petite nappe de dentelle.
Je fais semblant de dormir. Le soluté Viagra est débranché, il coule en gouttes bleus sur le drap jauni. Elle allume la télé. Monte le son. Elle met le poste pornographique. Un tableau abstrait de peaux humides. Trame sonore au loin, derrière ma surdité.
C’est vrai que je me suis pissé dessus. Je suis un incontinent à la dérive. Mon pyjama marron est mouillé. Elle me lave. Une fillette en peluche se masturbe à la télé. Pendant que mon miroir, ma sœur de 103 ans me lave, je mets mes lunettes double foyer. La petite ourse en peluche suce une autre fille maintenant. J’entends à peine les gémissements. Les deux filles sont jolies, mais mon sexe reste froid. Alors, ma sœur le met dans sa bouche sans dent. En tremblant. Sa bouche sans dent me révulse. Elle monte et elle descend sur mon sexe végétal. Je me concentre sur les gamines. L’une d’entre-elles a eu un bébé, ça se voit dans la peau de son ventre. Le petit doit l’attendre chez sa grand-mère. Elles sortent des jouets de plastique et se bouchent les trous. Le miracle chimique se produit lentement. Mon pénis se réchauffe et grossit un peu. Viagra. Ma sœur s’encanaille. Si je la regarde, je vomis, alors, je regarde les filles s’embrasser le sexe réciproquement, se mettre des godemichés dans la vulve pendant que leurs langues font le signe de l’infini sur des clitoris trop petits pour que je les voie. Ma sœur avait froid, je crois. Il reste de la solitude dans sa peau qui pend. Heureusement que le film est de bonne qualité. Les gamines semblent y prendre goût. Je n’ai pas assez baisé dans ma vie. Juste au moment où une goutte de sperme veut peut-être sortir de mon sexe sans forme, elle lève sa jaquette jaunie et assied ses fesses sales sur mon corps, elle entre mon pénis dans son vagin pré hydraté. Alors, je ne réussis pas à jouir.
Elle arrête. Elle ferme la télé. Elle s’assied au coin du lit. Sans sueur.
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