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| EDENS
MOTEL
NO
TRESPASSING |
Roman
en construction,
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Chapitre
4 / 6ème partie
Sous le chapeau de paille de la Sirène.
La journée
passait. Chaude. Salée. Ensoleillée. Avec les nuages comme
des Sundays.
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Assois-toi,
jeune homme. |
Saül
avait encore la tristesse du death row dans les mains. La fin du monde
est une chose du passé. Malentendant, mal-aimé. Universel.
Il traînait sur la plage, fasciné par le perroquet de Paloma.
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Assois-toi. Tu es triste. On t’a fait mal. On ne t’aime
pas comme il se doit, jeune homme. Et c’est comme ça,
la vie. Il n’y a qu’une personne qui peut t’aimer
comme il se doit, c’est toi. Les autres sont trop occupés
à vouloir être aimé par toi. Tu comprends ? Tout
le monde veut que tu les aimes, tu savais ça ? Tu m’écoutes
petit ? |
Kaïn
avait le cul en sang. C’est dégueulasse mais c’est
comme ça. Les hommes ne devraient pas avoir le cul en sang. L’amour
devrait être plus simple que d’avaler une auto volée.
Ou même louée. De voir un homme, un géant presque,
fier, frigidaire, se tenir prêt des murs, marcher à l’ombre
restera toujours difficile à prendre. Lorsque Paloma parlait à
Saül, son perroquet la fermait et déjà, c’était
une amélioration sur notre niveau de vie à tous. Kaïn,
le ventre au compresseur, s’est approché. En boitant, comme
un cul-de-jatte qui a quelque chose qui ne lui appartient pas dans le
cul. Il s’est couché maladroitement dans le sable, à
côté de Saül. Saül qui faisait des châteaux
de sable sur ses pieds pour ne pas mourir et qui utilisait ses orteils
pour les détruire. Qui faisait semblant de ne pas écouter,
tout en honte. Kaïn s’est couché comme une auto sur
le dos, dans les pays minés. Une auto rouillée par le feu
qui y a pris. Une auto de guerre. Comme à Srebrenica. Comme à
Bayrût, à Bagdad, à Groznyï. Une auto sur le
dos qui sert de parapluie pour les snipers alley, une auto qui sert de
rempart aux nouvelles révolutions, au terrorisme. De sa corpulence,
il protégeait Paloma et l’albinos. Saül devait même
se protéger du soleil. Un traître, le soleil. Ça allait
mal dans les troupes. J’ai cherché dans ma valise de médicament
et j’ai pris quelques cachets. N’importe quel. Rechute.
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Et
si quelque chose cloche, si tu as mal, change le monde petit. Tes
jours n’ont pas à être ceux d’un condamné.
Si tes cordes vocales sont pourries, j’en suis désolé.
Mais c’est à toi à trouver par où parler.
Tu sais dessiner ? Je ne sais pas. Et si ta peau est blanche, ce n’est
pas la blancheur du Javel, mais celle de la page blanche où
tout reste à écrire. Tu sais écrire ? |
Signe de
tête. Non.
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Mais
tu vois que tu sais parler, pourtant. Écrire, je t’apprendrai.
Je vais rester un moment. J’ai des choses à guérir,
moi aussi. On a tous quelque chose à guérir, sur cette
plage. |
Et là,
j’ai commencé à avancer sur le sable. Mais les marelles
ne mènent pas toutes au ciel, et j’hésitais. Le sable
des plages s’infiltre dans les paupières et y laisse des
perles, je me suis dit. Alors, j’ai encore pensé à
fuir. Un moment. Rechute.
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Comme
lui, qui se croit plus blessé parce qu’il ne comprend
pas d’où vient la fin du monde. Et qui veut partir. Quel
con. Il veut partir. |
Elle parlait
de moi. Ça fait du bien, des fois, de ce faire traiter de con.
C’est ça, l’amitié.
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Lui,
qui veut quitter la tendresse de la mer pour la rudesse du béton.
Qui ne sait même pas comment mettre du gaz dans son moteur,
de l’eau dans son cœur. Les autos ne roulent pas sur les
amphétamines. Où veut-il aller ? Là où
la terre arrête ? Là où vivent les monstres ?
Mais c’est nous, les monstres. Nos yeux sont des huîtres,
petit. Le sable des plages s’infiltre dans les paupières
et y laisse des perles. Nos mains sont des baobabs. Les racines y
poussent à l’envers. Les lotus poussent dans la vase,
en Orient. Les nénuphars sont tellement beaux qu’ils
prennent 7 ans à pousser alors que les moustiques ne vivent
qu’une soirée d’été. On ne sait pas
vivre. Et toi, tu es un lotus blanc. Les roses blanches sont divines,
petit. |
Elle parle
comme un nuage qui cache le plomb du soleil. Elle, toute strappé,
comme une camisole de force au mauvais endroit. Je me suis assis à
côté. Même le perroquet écoutait. Anachronique.
Pédant.
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Les
poissons, un jour, sont sortis de l’eau. Tu imagines ? Les océans
recouvrent 70 % de la terre, mais c’était trop petit,
un d’entre eux a voulu voir plus haut. Dans le fond de l’eau,
il y a des continents. Mais il est sorti. Les poissons ne peuvent
pas marcher. Ils ne peuvent pas respirer l’oxygène de
l’air, ils ne peuvent que respirer l’eau. Lui, il n’en
a fait qu’a sa tête. Il est sorti. On lui avait dit depuis
des millions d’années qu’il était un poisson.
Non. Je suis un reptile. Un reptile ? Connaît pas. Je sais,
ça n’existe pas encore. Et il est sorti. Il a marché.
Lui qui n’avait pas de jambes. Il a marché. On peut tous
être Lazare. Mais pour ça, il faut que le messie, ça
soit nous aussi. Il a marché, le petit poisson. Il a inventé
le reptile. Et il a tellement eu d’enfants que c’est ton
grand-père, ce poisson. Alors toi aussi tu peux. C’est
dans tes gènes. |
Un nuage
a tamisé le soleil.
Et il est
arrivé quelque chose. Un coup d’état. Une révolution
planétaire. La fin d’une ère glaciaire, de la bouffe
dans un frigidaire. Une
main parfumée s’est glissée dans la mienne. Lavande.
Comme un baume. Comme un rêve. Wendy, du haut de sa beauté
interstellaire était à côté de moi. Elle était
venue, silencieuse, marchant sur les cumulus de ses seins si beaux et
s’était accroupie à côté de moi. Pour
écouter la demoiselle qui parlait comme le vent. Pour écouter
les mots qui décoiffent sans qu’on s’en rende compte.
Wendy ne m’avait même pas regardé. C’était
normal, tout ça. Elle regardait Paloma qui regardait avec envi
les voiliers qui dansaient lascivement entre les cargos immenses qui ne
bougeaient pas. Immortels. Les dieux malpropres des Océans. Les
Océans ont tous une majuscule. Les cargos ont tous les hanchent
rouillés.
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Les
poissons sont sortis de l’eau, qu’elle a repris, après
que j’ai absorbé la collision atomique d’une main
manucurée entre mes doigts secs. Elle avait fait une pause
tellurique. Le premier, personne ne le croyait, mais il est sorti.
Il est devenu un diplodocus. Je sais que tu me comprends. Tu sais
ce que c’est, un diplodocus. Son ancêtre était
une petite algue bleue, un petit détail et lui, il était
tellement grand qu’il lui fallait deux cerveaux. Comme les hommes,
un dans la tête, un dans la queue. |
J’ai
fermé les yeux. La main dans la mienne me traduisait tout. Je n’étais
plus malentendant. Un peu de tendresse sans promesse. Soyons honnêtes,
le paradis a la forme douce d’une main sans reproche.
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Toi
aussi, tu peux être un dinosaure herbivore. Tu peux être
un oiseau. Tu ne sais pas parler, tu ne sais pas bronzer, tu vois
comme les poissons, en noir et blanc, mais tu sais que tu sais voler.
Et c’est ça qui est important. |

Silence. Les vagues qui chuchotent elles aussi. Qui essayent de murmurer
leur admiration. Les mouettes qui se regroupent et qui écoutent.
Autour de nous. Les cargos qui rapetissent d’humilité. Les
nuages qui s’immobilisent. Les voiles qui n’osent plus frétiller.
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Moi,
il y a deux semaines, j’étais un homme. Un pâtissier.
Je faisais des pâtisseries comme seule ma grand-mère
savait les faire. Mais j’aimais. J’aime encore, c’est
sûr, mais mieux. Pas autant qu’elle, la superbe ménagère
qui sait aimer comme les étoiles, mais j’aimais. Les
hommes et les femmes. Et je savais que je n’étais pas
un homme, mais une femme. On m’avait dit tu es un homme, j’ai
dit non. Personne ne voulait me croire, personne n’était
mieux placé que moi. Je suis une femme, malgré le deuxième
cerveau que j’ai entre les jambes. Alors, j’ai fait tellement
de gâteaux, que je suis allé de l’autre côté
du miroir, de moi-même et je suis devenue moi. Une femme. Là,
je suis une sirène, mais les bandages vont tomber comme la
mue des serpents et j’aurai un sexe de femme. J’ai toujours
eu un cœur de femme, des ongles de femme, des mollets de femme.
J’ai du silicone dans la poitrine, j’ai maintenant des
seins de femme. J’ai un sexe qui saura bientôt irriguer
le désert et dérouiller les séquoias. Je suis
une femme. Et toi, petit, tu es un oiseau. Et lui, il croit être
une auto, mais il est un romantique. Et l’autre qui s’endort,
il croit être une équation chimique… Et elle, elle
croît être l’univers en expansion… Et moi,
je suis une sirène. Les gens écoutent mon chant. Mais
je cache d’autres rochers que ceux sur lesquels coulent les
mauvaises idées. |
Et je me
suis endormi dans une main en forme de lit.
Et les yeux
de Saül sont devenus des arcs-en-ciel avec des trésors aux
extrémités. Paloma avait sorti un cerf-volant de sous sa
chaise pétrole raffinée. Comme on sort un lapin multicolore
d’un chapeau blanc. Elle en avait des choses sous son chapeau de
paille, la sirène. Un gros cerf-volant multicolore. Et le perroquet
s’est mis à crier. Merci ! Merci ! Et Saül a rugi sur
l’oiseau de papier et s’est envolé sur la plage en
courant sans regarder en arrière. Tout le monde avait chaud au
cœur, même moi qui dormais dans une main en forme de lit. Une
main en forme d’Atlas au féminin. Qui porte mon monde. Avec
des caresses douces dans les cheveux. Tellement féminine, la main.
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Avant,
je m’appelais Paul. Paul, quel nom ennuyeux. Quel nom stupide.
Anonyme. Je ne suis pas anonyme. Peut-être que c’est pour
ça que j’ai changé de sexe. Pour changer de nom.
Parce qu’il n’y a rien de plus mortel, de plus suicidaire
que d’être anonyme. |
Elle avait
dit ça aux vagues. Plus personne n’écoutait. Tout
le monde regardait le spectacle de magie sur la plage, le cerf-volant.
L’enfant redevenu enfant pour un instant. Même moi, qui dormait,
je regardais le spectacle de magie sans essayer de trouver les trucs des
magiciens.
Le perroquet
voulait tellement voler, il se tortillait sur son perchoir, dans tous
les sens avec vacarme.
Il avait
une chaîne en or autour de la patte.
(A) On
windy days, hold the kite in one hand and the winder in the
other hand. With the wind at your back, release the kite into the air
and let out line as it climbs.
Tame
my brain
Hijra
society open your legs castrate everybody don't fall fly high every body
dies.

motelmurders
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