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22/10/2003 | |
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Roman
en construction, Chapitre 4 / 4ème partie La chambre 999
Il y a une mouette au pied de mon lit.
Je n’existe plus. Je ne veux plus exister. J’ai le visage collé par le ventre de la mer. La mer a été assez gentille pour me laver. Mais elle n’a pas fini son travail. Elle aurait dû m’avaler, récurer toute tache de moi sur la plage trop jolie pour que j’y reste. Javellisez-moi, je ne veux plus exister. Mes larmes me noient, m’inondent. Elle pue, mes larmes. Tout pue. Jamais je ne serai un oiseau. Jamais je ne verrai Wendy nue. Jamais je serai heureux plus qu’une journée. Jamais je ne serai aimé. Et la chambre 1 n’y changera rien. J’explose par en dedans. Mes larmes coulent cinéma muet. Je ne sais pas comment la mer a pu me ramener à mon lit trop grand. Je suis définitivement un petit garçon qui ne devrait jamais avoir vu le blanc de la mer, mais je suis le plus grand naufragé, je ne verrai jamais la côte, je ne vivrai jamais sur une île déserte. Je sens la pisse, les algues, le vomi. Je me hais. Je sens la pisse de vieux. Je les hais plus que le monde plus que tout. Plus que ne pas voir les couleurs, plus que ne pas pouvoir crier. La pisse des vieux pue plus que tout. Je sens la pisse. Je pleure la pisse des vieux par mes yeux ridés de 10 ans. J’ai dans les veines de la pisse de vieillard. Les vieux puent, leur pisse, c’est pire. C’est pire que tout. Il m’a pissé dessus. Mon lit est à brûler, il sent le vieillard. Il n’y a rien de plus laid que le sexe d’un vieux. Il n’y a qu’une chose qui sent plus mauvais que les vieillards, c’est leur pisse. Leur bouche est un cul de dépotoir, leurs aisselles se décomposent avec des vers visqueux, leur sexe pourri pend, il sent la merde de chat, mais ce qui pue le plus, c’est leur pisse. C’est moi. Je suis la pisse d’un vieillard. Il y a des mouettes dans ma chambre. Je vais vomir de la bile sur mon lit. Sur moi. Mon lit disparaît. Mes larmes sentent la pisse. J’arrêterai jamais de couler par mes yeux. Je ne pisserai plus jamais que par les yeux. L’océan va déborder. Il y a beaucoup de mouettes dans ma chambre. Il fait blanc. Je vais dormir. Ma tête se répand comme des trippes de poissons sur mon lit gluant. Il fait trop blanc pour que je puisse jamais vivre. Ça pue. Je me vide par le sexe détruit d’un vieux de mille ans. Les mouettes me regardent en silence. L’eau glisse sur leurs plumes. Je m’endors. J’espère la mort. Une vie, c’est trop pour moi.
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