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24/09/2003 | |
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Roman
en construction, Chapitre 3 / 8ème partie La honte
Personne ne devrait trouver des enfants couchés dans le désespoir des vagues. La marée haute ne devrait pas être un orge qui mange les petits. Les enfants ne devraient pas dormir la tête à l’envers, le sable collé honteusement à leur visage. Les enfants ne devraient pas avoir la bouche ouverte sur l’écume blanche des océans, ni des dépotoirs, ni du monde entier. Ils ne devraient pas être blanc de peur. Ils ne devraient pas avoir à se saouler pour se sentir vivre, ni avoir à sucer un tuyau d’échappement pour oublier leur état d’adulte précoce sans mode d’emploi. Les enfants ne devraient pas travailler. Les enfants couchés dehors dans le froid sont des preuves sans doute raisonnable de la criminalité de nos systèmes. Et dire Fuck le système ne change jamais rien. C’est vrai. C’est sûr. Mais qu’est-ce qui va le changer ? Qu’est-ce qu’il faut faire quand le monde est un poids lourd, quand la terre se tient au complet dans le coin gauche et qu’on est seul face au Ko ? Quand les bras sont déjà lourds et que l’espoir n’est pas rentable ? J’encule la merde environnante. J’encule les vagues qui veulent innocemment prendre les enfants trop saouls, trop jeunes pour savoir qu’ils sont saouls. Je sodomise le hasard qui fait que certains enfants sont des cobayes de la douleur, de l’immonde. Des pages blanches passées au broyeur. Une vie de marmot sous le gant d’un boxeur. J’encule tout et je préfère traverser la ligne de l’autoroute et disparaître à jamais dans la clandestinité. Ne jamais avoir le même numéro. Ne jamais avoir le même nom. Mettre des bombes dans le cœur des hommes pour qu’ils explosent ou qu’ils changent le chemin. Les enfants devraient être blanc de la craie des tableaux et avoir peur des punitions pour des mauvais coups légitimes. Les adultes de 10 ans sont des bombes à retardement. Ils ouvrent feu dans les écoles pour trouver une place, pour ne pas avoir à être taxé par les plus grands. Le cancer est précoce en ces temps de performances. Et les médicaments n’éloignent pas les monstres. Les enfants bégayaient. Ils tremblent et le parkinson laisse un abonnement. Le stress leur rappelle qu’un jour, ils seront vieux. Tout le monde vieillit trop vite. Je fuis. Jamais le même nom, jamais le même numéro. Jamais les mêmes vêtements, jamais le même déjeuner. Et le soleil qui ne fait rien. Qui me regarde complice, rentrer dans l’eau toutes les nuits, tout habillé, sortir nu tous les matins. J’encule le soleil qui est un lâche. Le soleil est une immense pilule qui ne veut pas regarder la vie en face. Ignorer la vie ne nous donne pas le droit d’être heureux. Ignorer les enfants abandonnés sur les plages immondes est un crime contre l’humanité que tous font à chaque début de journée. Faire semblant d’être heureux, c’est collaborer avec l’ennemi. Les aveugles sont coupables. Fuck le système. Je m’engouffre une fois de plus dans le bouillon de l’océan. J’en sortirai demain, nu, lavé de ma condition d’homme. Une journée suffira pour me salir de nouveau et m’obliger à retourner travailler dans les profondeurs de la mer. Fuck le système.
S.O.S.
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