27/08/2003
art mécanik
hurle
Eden Motel
xia

 

 

EDEN’S MOTEL
NO TRESPASSING

Roman en construction,
Speed limit 50 m/h

3ème partie : Chapitre 5, 6 et 7

Le ressac
    Tout le monde est couché.

Je n’entends plus les vagues. Depuis longtemps. Je n’entends plus le sable humide se crisper sous mes pantoufles. L’ouïe, pour moi, c’est comme la loterie. Parfois j’entends mieux, parfois, moins. Je bande pourtant. Parce que je dilue du Viagra et que je me l’administre en soluté. J’ai 103 ans. Ma sœur aussi.

J’ai le cœur comme un réacteur, je perds ma peau comme un lépreux. Mais je bande. Elle, mon miroir, ma copie, ma sœur, elle prend des hormones. Elle s’est aussi greffée un utérus. Et elle a ovulé. Après plus de 50 ans de ménopause. Au début, un filet de sang a commencé à couler dans la croûte de peau qu’elle a entre les jambes. Puis, elle m’a branché aux pilules et à la pornographie. Le vent sur mon sexe bandé, c’est elle qui a arrangé ça. Mes poils sont blancs. Je l’ai fécondé.

J’ai 103 ans. Ma sœur aussi.
J’ai 103 ans. Ma sœur aussi.
J’ai 103 ans. Ma sœur aussi.

Je suis vieux comme la douleur. Elle est vieille comme l’odeur.

Tout le monde est couché
    Le ressac.
J’ai dix ans. Il était temps que je sois heureux.


Undertaod
    Curfee 12h00
Qu’est-ce que tu fais ici, vermine blanche ? Tu attends de crever ? Tu veux crever ? Avant moi ? Moi qui ne crève pas ? Alors crève tout seul, chiure d’oiseau. Moi je ne t’aiderai pas. Tu sens l’alcool. Tu pollues la mer avec tes vomissures. Tu me fais vomir. Tu es un requin blanc vidé, un poisson mort sur la jeté. Tu te penses jeune, tu crois que la vie est devant toi. Tu n’as pas de vie. Tu n’est rien. Tu es blanc comme une fiente. Tu me donnes envie. Je te pisse dessus, fiente d’oiseau. Je t’éjacule blanc à la bouche. Je te pisse dessus.

 


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