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11/06/2003 | |
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La dernière barricade
J’ai
toujours aimé faire voler les oiseaux sur les places publiques.
Petit, je courrais, les oiseaux s’envolaient et je sentais le vent
de leurs ailes sur mon visage doux. Le monde se résumait à
un sourire, un rire et aux bruits des ailes, du vent des oiseaux.
Ces derniers
jours, je n’avais plus qu’eux. Je les nourrissais en silence.
Dans les parcs. Comme un dernier arrêt avant la mort. J’étais
comme eux, sale, gris, indésiré. Moi aussi, nourri de reste.
La vieillesse est une horreur que l’on garde pour soi.
Je suis encerclé par les rides. Par le silence, l’odeur et les rides. Même mes souvenirs me mentent. Et les docteurs regarderont toujours ailleurs. Le silence. Les veines de mon corps sont des frontières abolies. Le doute me ramène constamment au silence et à l’angoisse. Le doute face à ma mémoire, face aux choses que j’aperçois aussi. Face au mots des autres, face à l’amour. Je veux rester dans la lune, avec le péché et l’improductivité. Chaque pas que je fais est un grand pas pour l’homme. Un grand pas vers l’échafaud. La mer de la tranquillité n’en finit pas d’avancer. Dans ma tête, sur mon crâne abandonné, dans mes organes fatigués. Dans ma peau qui tombe. Le silence envahit les chansons, le rire et les choses à dire. Je deviens quelqu’un, quelqu’un d’autre, un bibelot, j’oublie que je suis continent en dérive, pelouse et pellicules abstraites. J’oublie comme les rats qui quittent le navire. Je deviens un cadavre. Je ne veux jamais oublier de te chercher. Avoir l’honnêteté de la douleur et de la solitude par inadvertance. Rien. Les rides, seulement les rides. Me faire face avec les canyons dans mon visage, dans ma mémoire, dans ma pensée. Épaves, cholestérol et gras. Cellulite sur ride, alcool, pilules, une le lundi, une le mardi, alcool à friction, friction avec les machines qui nous parlent, qui nous ordonnent poliment, que je ne comprends pas, friction avec les derniers êtres humains qui restent en périphéries, en orbite, perte de soi. Oublie et attente. Je te cherche encore. Rides et
solitudes.
Viens, parle-moi, raconte-moi la découverte de l’Amérique, la circonférence de la lune. Parle-moi de moi, dis-moi qui je suis, si j’existe, ce que je suis lorsque je ne pense pas à toi. Certains disent que l’âme a un poids. Alors je serai le plus léger possible. J’aimerais bien être aimé, avoir la colère des buildings. Je marche sur l’eau du bain, je sermonne sur une montage de papier, je transforme ma sueur en pot-de-vin. Je suis un messie acheté. J’avale. Par mégarde, par manque d’amour. Par inadvertance. Je suis vide comme un drapeau et je pense à autre chose. Alors, j’essaye de dormir le plus longtemps possible.
Love/sex/clouds/dreams/beauty/her/kids/wine/planes/ |
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