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16 & 23/10/2002 | |
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Mtl Topless Shameless, toi qui es si belle.
Parle-moi un peu, ma belle MTL, pourquoi quau taste choice entre la vie et la mort, les gens choisissent Coca-Cola? Pourquoi quau taste choice quest ma démocratie les gens ne savent pas choisir entre Coke pis Pepsi? Pourquoi suis-je tout seul la nuit ?
Les danseuses topless sont les mères Théresa des hivers froids. Un prix Nobel pour les effeuilleuses de dentelles. Elles font beaucoup plus pour les grands jetés que les études, les téléphones, les clôtures et les lignes ouverte à la radio. Je naurais pas de ligne ouverte au poignet pour me parler des raisons de vivre, pas de ligne ouverte ni daiguille au coin du bras. Je navalerai pas un stade de pilules pour passer au travers ma journée, pour passer les ponts congestionnés le matin, pour supporter la publicité. Prozac, Aubade, Husler, Rithalin, Lithium, MDMA, serotonin et la rape dope, GHB, Viagra, bon matin, masculigne, bonne nuit, topless bars, after hours, dépanneur 24 heures, bière froide cold beer, fed my bed, pop the magic candy, make me feel free. Veux-tu des bonbons baby? Veux-tu des bonbons baby? On trouve de tout, même un ami...
Montréal, shameless, fais de quoi, nimporte quoi, paye-moi un verre, arrête lhiver, donne des vacances dans le sud payées par lassurance maladie, donne des putes aux politiciens pis aux P.D.G. gras et subventionnés pour quils se sentent aimés pis quils arrêtent de mavaler comme une pilule qui veut pas passer. Montréal, toi qui est le clitoris si beau de lAmérique, entre les jambes des deux rives, entre lEurope et les US, ôte la neige des tracks de chemins de fer où je me gèle le nez, ôte les tracks de neiges qui me passent sous le nez les soirs où je me gèle, isole tes ponts pour quon sy sente au chaud, regarde nous pas mourir comme un chiffre, comme un détail. Un détail. 5 par jour. Un par semaine dans le métro, on ne met plus ça dans les journaux pour ne pas créer deffets dentraînement. Les gens sont déjà assez entraînés vers les fonds bottomless, y sont déjà assez entraînés à ne plus penser pis à mourir devant la télé. Il y a deux aéroports à Montréal pour quon puisse partir chacun de notre côté.
Pis même si lhiver est long comme le mois de février et quil me laisse blanc de peur, même si la banque de Montréal a son siège social à Toronto, même si le CN a crissé son camp dici par le même train, même si la vie ressemble à un wet T-shirt contest, même si il y en a encore qui attendent le prochain référendum pour être heureux comme dautres attendent la réincarnation pour être heureux, même si il y a 12 000 itinérants à Montréal qui couchent sous les ponts pas isolés, entre les cigares de Westmount et lodeur de tabac de Centre-Sud, même si jai limpression quil faut mettre des bombes pour se faire entendre et commencer à parler, je ne te laisserai pas tomber Montréal, comme on laisse tomber au fond de sa gorge un cocktail trop gros de comprimés, comme on avale la boîte à pilules au complet, je deviendrai pas un petit cocktail Molotov médicamenté, bien gelé, qui attend que lère glacière arrête jusquà lannée prochaine. Autant des jours, mon désespoir est bottomless, autant mon goût dy croire est topless.
Un jour, avant que les ponts soient congestionnés par les statistiques, avant de choisir lequel elle va prendre pour partir, pour sauter, lîle de Montréal va aller voir la mer. Doucement, tendrement, elle va les ôter ses ponts en dentelles pleins de chiffres, son soutient gorge de ferraille, et ses montagnes deviendront des seins volcaniques. Elle sera topless. Sans comité détude, sans promesse de politicien, sans lignes ouvertes au poignet ou à la radio, sans aiguilles dans les bras invitants des poupées gonflables, juste avec le goût de se regarder tout nu pis dessayer dêtre plus heureux, de voir le cur de notre problème de cur et dessayer de comprendre quelque chose aux chiffres. Quand le reste du Canada aura adopté le dollar américain, quand les restaurants seront non-fumeur et sans odeur, comme une franchise, quand tous vont penser que US, sa veut dire us, quand nos cerveaux seront étranglés à létranger, et que nos supermarchés seront libre-échangés, alors, lîle va lever lancre, écurée de voir lUranium des prairies passer par notre port comme une vérole de marin pour aller faire des Nagasaki. La plaque tournante de la drogue va tourner comme les tables enchantées des DJs, elle va suivre le fleuve comme on suit le sexe épilé dune danseuse, bénie soit-elle, et lîle va sortir de lAmérique de nos amis requins. Elle ne tombera pas dans le delirium tremens des rêves stupéfiants. Avant dêtre complètement désespérée, elle va crisser son camp du rat race comme les rats quittent le bateau, elle va suivre les baleines migratrices, elle va aller plus loin que la Floride qui en perdra ses côtes plaques tectoniques, et elle va aller sur une plage, là où les gens veulent être heureux, parce que ceux qui ont fait le tour de la terre en décollant de Dorval et en atterrissant à Mirabel savent que Montréal est la plus belle, que les filles ici sont tous des Miss univers et quon est sur le plus beau coin de rue du monde. On comprendra alors que si lon mange à notre faim ici, on survie psychologiquement, et que les morts ne sont pas que des chiffres. Montréal un jour pourrait être Topless, comme les femmes de Tahiti, libre, elle pourrait être sans laisse, lestée de lAmérique, avoir ses rêves bien à elle, sans se débattre dans la froideur économique des clubs libre échangistes, dans les débats cunilinguilstiques, elle pourrait arrêter de suivre comme on suit les autos sur un pont et être un continent en soi. Il faut pas attendre dêtre au top de nos peurs, au bout de notre laisse. On sera tous topless. Sans dessus dessous. Sans couvercle. Tous les anges sauraient voler. Alors, la vie vaudra le prix dêtre vécue. Parce que la vie, cest une liberté, pas une obligation. Alors, ma ville, elle sera belle à marier.
PRAYFORPILLS BUT SLEEP NAKED
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