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13/02/2002 | |
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BEIJING, VILLE INTERDITE Deuxième rizière rouge. Les soldats attendent au mausolée, debouts, pétrifiés comme des momies vivantes, volontaires. Ils sassurent que Mao reste couché. Si jamais il se lève, labattre. Un milliard de travailleurs attendent la chance dune prochaine vie, athées, garde rouge et karaoke. Et la ville grandit comme un scarabée sacré qui ouvre ses ailes brisées, marteau piqueur. Les rues montent verticalement, HLM à perpétuité, comme une acuponcture dimmenses buildings plantés, comme des aiguilles dans le coude. Les buildings de lacuponcture essayent de soulager la surpopulation sans superstition. La cité dortoir, comme un lit béton armé nen finit plus, couvert dun dédale de rue sinueuse comme les écailles d'un dragon que lon scalpe pour construire les nouveaux monstres de ciment blanc et rose, les nouveaux géants de la mythologie sans temple.
Beijing. They ride kites in Tianenmen square. Capitale du Nord, révulsée par la révolution
culturelle, femme écartelée par le communisme avec des buildings
bunker entre les jambes, gynécologue froid de la pensée
prolétaire, place publique pour peuple publique, pour femme de
tout le monde, si grande, la place publique, si géante avec les
tanks si petits quils font rire les hommes dun rire jaune
épicerie. Et lhomme aux sacs dépicerie face
aux tanks avec sa commande, lhomme de la photo quon n'a jamais
revu
Et les étudiants qui apprennent les chaînes dévénements,
qui apprennent la chaire à canon que lon garde rouge, médium,
saignant
They ride tanks in Tianenmen square.
Beijing, la ville aux mille lanternes que lon crève une à une à coup de bulldozer, de révolutions, dindustrialisations, ville du futur aux mille tours de Babel pleine de surpeuplé dénatalisé. Beijing la perle de Chine, la belle silencieuse qui baisse les yeux devant les soldats de la cité interdite, ville interdite qui tremble devant les garnisons omniprésentes, la délicate que lon écarte déchafaud et de boulevards, la belle frileuse que lon défonce au marteau piqueur à larrière de limmense barbershop quest la révolution permanente. On rase le passé de près, on dynamite les traditions, on élimine les hommes comme des cheveux coupés en deux pour en faire un air de cadence, une chanson que lon ne chante quau pas. Ville interdite, cachée du monde entier par le grand timonier, à larrière dun salon de coiffeur mal isolé. Interdiction de parler, interdiction de voter, de se rassembler, de faire son épicerie devant les chars dassaut, no photo, no ego, peine de mort aux délateurs des vers à soie, laogaïs du Qinghai comme banlieue, comme goulag, Beijing, ville interdite, grise, qui cache le rouge de tes lèvres dans les salons de coiffure minables, qui cache le rouge de tes lanternes dans des ruelles verticales. Interdiction de passer, de franchir, de cracher, daimer. Femme du froid, je ne parle pas ta langue, mais tu me séduis avec tes dentelles, tes ruelles à lanternes cachée derrière le manteau de tes grands boulevards bunker, avec tes lions de pierre timides, avec tes dragons frileux. Femme des siècles, pucelle mille fois déviergée, laboratoire fou des révolutions passées, jai froid pour toi. Je ne parle pas ta langue. Je suis seul, muet et jai froid. Jai froid. Je pense à toi. Miss Beijing 2025, I love you.
STERILIZED Free the barbershop slave.
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