![]() |
14/11/2001 | |
|
Les tours de Babels. Mon cur is on Ground Zero. Je suis
seul contre ma télé. The world will not trade his center. Et les barbus rient dans leurs barbes. Les guerres mondiales ont été les premiers produits de la mondialisation. La peur na plus de frontière. Elle passe comme une lettre à la poste. Et les barbus rient à notre barbe. On parle deux. Tout à coup, leurs femmes hantent nos écrans, elles servent de numéro pour les dons, ce sont les veuves quil faut défendre, nous orphelins, elles, encagées depuis 1996, elles dont on n'a jamais vu les yeux, tout à coup, elles sont là, sous nos yeux, voilées, violées, comme un numéro chanceux. Pendant 5 ans, ont regardait ailleurs. Tout à coup on parle delles comme un coup détat dans nos télés, tout à coup, on sindigne, tout à coup le coup a frappé et on se retrouve la corde au cou. Et la haine au bout du doigt. Et on censure des chansons à la radio, comme à Kaboul où personne na le droit découter de musique. De toutes façons les postes radios ont déjà explosé, ils lont dit à la télé. Qui gagne ? Tout le monde part en guerre sainte. Les bons contre les bons, God is on our side, Allah is on theirs. Billy the Kid against El-Quaïda, dead or alive. Nous allons éradiquer le terrorisme, celui quon a financé, les Talibans quon a mis au pouvoir contre les Russes, El-Quaïda quon a entraîné CIA, les Irakiens quon a armés Iran Gate. And the gates of fear are wide open like the gates of paradise towards Allah. Ils font peur, ils sont bien armés, ils ont même les armes chimiques, on le sait, cest nous qui leurs avons froidement donné gracieuseté guerre froide. La ligue mondiale contre le terrorisme a ses éliminatoires, comme une ligue de base-ball. On compte les scores. On crie terrorisme, celui que lautre équipe appellera toujours résistance, celui qui traîne aux quatre coins de ma télé, à Beyrouth, à Belfast, à Ankara, à Oklahoma. Cest tout ça quils veulent éradiquer ? Ils disent chercher les leaders. Comme Saddam Hussein en 90 ? Il est encore emmitouflé dans son embargo Uranium et pays appauvri, à labri depuis 11 ans, inaccessible, entouré des cadavres de ses 1 500 000 enfants. Comme Eric Rudolph ? Le parachutiste US qui a battu les records du saut avec sa bombe aux jeux dAtlanta, le Robin Hood de la farine blanche de lextrême droite blanche intégriste américaine qui reste encore introuvable, caché depuis quatre ans dans les Appalaches de la Caroline du Nord, comme dautres se cachent dans les sommets stupéfiants de lAfghanistan. Eric Rudolph à Atlanta, Mc Veight à Oklahoma, comme des tumeurs au cur même du Fat America. Are you gonna bomb the red necks? Are you gonna bomb Ireland? Bhopal, 6000 morts. Are you gonna bomb Union Carbide? And what about le sommet de Québec ? Are you gonna bomb Montréal pour Germinal ? What is the difference between the bomb in Oklahoma and the bomb in Kandahar? Et la différence entre un F-14 et un 747 ? La guerre du golf, ce nest pas le match Tiger Woods, Jean Chrétien. Sachons suivre lhistoire. Le 11 du 9, 911, 5500 morts. 1990, 47 jours de bombardements, 200 morts chez les alliés, 200 000 à 300 000 morts chez les Irakiens. Cest 4000 à 6000 morts par jour. À chaque jour, un World Trade Center gracieuseté ONU. Ça fait combien de jours quils frappent en Afghanistan ? Sachons compter sans nous conter dhistoire. Juste sur des cibles stratégiques quils disent. Comme en 1990. Le 16 octobre 2001, les entrepôts de la Croix Rouge explosent. Ils étaient stratégiques ? Bin Laden y était caché ? Boum. Il y est revenu le 26 octobre ? Deux autres entrepôts qui explosent. Boum boum. Une erreur ? Le mot terrorisme ne vient pas du mot erreur. On bombarde, on envoie du riz par parachute comme de la publicité placebo, on met tout ça dans les entrepôts, on bombarde les entrepôts ? Boum boum boum. Entre temps quest-ce quil faut lire entre les lignes ? Si les lignes téléphoniques
sont dorénavant écoutées cest parce quil
sy dit plus de choses quà la télé. Qui gagne ? Et qui sait même à quoi on joue ? Ils savent quils ne pourront pas avoir Ben Laden, ni contrôler l'Afghanistan, personne na réussi, ni les Anglais, ni les Russes, ni même les Talibans, ni lAlliance du Nord, alors pourquoi enfoncer encore plus les femmes dans leurs burgas, pourquoi enterrer le pays dans ses champs minés ? Ban the Talibans, ok cest sur, mais pourquoi maintenant ? Au lieu denvoyer des sacs de riz, on envoie des sacs de ciment pour solidifier la haine ou des sacs de sable pour monter les tranchées. Notre argent, nos fonds spéciaux, ne font rien de spéciaux, ils font la mort. Ils cultivent la rancune et linégalité en plantant de nouveaux champs minés.
Tant quon tuera leurs héros, dautres se relèveront. Et les Palestiniens en camps depuis 4 générations haïront encore plus. Et les Irakiens ne pensent qua apprendre à piloter. 3000 à 6000 enfants morts par mois là-bas depuis l'embargo ONU. Depuis 1990, Un World Trade Center par mois bourré denfants en bas de cinq ans. Elle est belle la justice du shérif. Les enfants survivants apprennent à jouer avec un cutter. Un tiers du monde fait des diètes pendant que les deux autres tiers crèvent de faim. Et ils le savent. Plus on frappera, plus la haine sera forte. Et plus les camps dentraînement seront bondés. Comme nos supermarchés. Les têtes des leaders tomberont peut-être comme des tours, mais dautres fanatiques se lèveront comme un tic nerveux psychosomatique, car seul un ventre nourrit na pas de rage. Et les entrepôts de la croix rouge ont explosé. Cest sur, cétait une cible, il y avait une croix dessus. Combien de morts faudra-t-il pour venger lAmérique ? Plus personne ne compte les victimes, là-bas. Le décompte était commencé avant quils sachent compter. Et quand on fait les comptes, on se dit cest au tour des US de saigner. Mais Gina Ferrerra qui travaillait au 84ème étage, elle savait lembargo sur lIrak ? Cest elle qui pilotait le B52 en 45 ? Et Joe Montana, 56ème étage, lui, est-ce quil les comprenait les effets de lUranium appauvri ? Who dropped Fat Boy on Hiroshima? Et en réponse à quoi ? En réponse à Pearl Harbor. Dès le 11 septembre, les soldats de linformation nous ont parlé dun nouveau Pearl Harbor. And Fat Boy is fatter than ever. Where will be the new Hiroshima? Et combien de temps dureront les radiations ? Combien de pays sauteront du 84ème étage ? Les US, cest la terre de lignorance confortable, ils ont une télé dans le coude, ils regardent des soap opera pour se laver les mains du reste du monde, et maintenant, à la télé, on leur pointe qui haïr et on leur dit davoir peur dans le courrier. Plus personne ne parle des mosquées américaines qui se font incendier. Plus personne ne parle de rien. Juste des lettres poudrées. Linformation porte le tchador en Amérique. Cest une bombe à fragmentation. Elle est fragmentée pour quon pense tous la même chose. Quon éclate tous en même temps. Quand nos bombes à fragmentation nexplosent pas, elles deviennent des mines anti-personnelles. Elles ont alors la même couleur que les dépôts de nourriture si généreusement parachutés wrapped in an american flag 2 for 1. Et les réfugiés se trompent. Et ils explosent. De la mort camouflée en aide humanitaire. Voilà le plan américain depuis le plan Marshal. La machine somnifère est forte. Sowad Kouri travaillait, elle aussi, au 56ème étage. Avec Mohamed Tout Le Monde, et Miss Jamila Nimporte Qui, avec les Sikhs microchip et les Portoricains, même Philippe Ducros travaillait au 56ème étage, à quelque part. Et quand on ne pleurera plus les innocents, la machine de la haine dirigera nos gestes comme un avion téléguidé CBC. Et on frappera. Bush a parlé vengeance avant de pleurer deuil. Débouchez-le quelquun crie la foule, et Ben Laden le chirurgien aux cutters arrive par avion. On a les B-52 quon peut. Ils disent quils ont été attaqués parce quils représentent la démocratie, le bien. Le bien pour eux, c'est Hiroshima 120 000 morts, c'est Nagasaki 80 000 morts, cest les embargos, la mort dAllende, les Contras du Nicaragua, les escadrons de la mort du Salvador. Cest le pouvoir aux compagnies, cest lerreur Union Carbide, cest les Ogonis du Nigeria que lon pompe contre le pétrole de Shell. A Shell is an empty bullet. Ce sont les gardiens de la paix, eux, les plus grands pushers darmes, les grands frères des Turcs contre les Kurdes, des Israéliens contre les autres. Le monde entier est indigné parce que les gentils tueurs en séries américains et photogéniques sont blessés, alors mort aux terroristes. Cest le début dune nouvelle ère. Nous sommes en guerre, ils lont dit à la télé. La tête des innocents ne fait que commencer à tomber. Et la peur restera number 1 au mailing list. Peu à peu, tout le monde portera le voile. La faim. Le viol comme arme de guerre. La liberté dexpression comme un souvenir, le droit à la vie privée comme une idée périmée. Et nous les artistes, on sindigne, on chiale, on fait ce quon peut, rien, et on passe des auditions comme dautres passent des munitions. On fait des show bénéfice comme des putes dans un bordel militaire. Rasez-moi le crâne, je couche avec lennemi. Peu à peu, tout le monde portera le voile. Cest un Drive-Tru pour un Big-Maccarthysme mondialisé. Tout dissident, tout manifestant sera terroriste, les frontières ouvertes aux capitaux, fermées aux citoyens, la paranoïa postale nous rendra tous timbrés, toute ligne sera écoutée mais pour se faire entendre, il faudra se kamikaser. Plus personne ne dansera, la terre sera voilée, et linformation violée. Et les intégristes morts sous les bombes auront gagné. In loving memories of the victims of the fall of the twin towers quon ne fait que commencer à compter. Dans ma télé, ils me préparent pour 10 ans. Je vais voir des gens sauter du 84ème pendant 10 ans. Des pays au complet vont sauter du 84ème. Les libertés aussi vont sauter. Je pleure pour tous ceux qui de près ou de loin sont morts à New York, Washington, dans les avions, dans lAfrique au complet, dans les embargos, dans l'Intifada, à Nagasaki, à Hiroshima, je pleure ceux qui sautent du 84ème par désespoir, je pleure ceux qui sautent sur une mine que les Américains ont refusée de traiter ou de signer le traité, je pleure de rage envers ceux qui saute de joie, je pleure sur le peu de liberté acquise qui va sauter, je pleure pour une époque révolue qui prend lascenseur pour monter au 110ème étage de la peur, je pleure contre le début des guerres saintes américano-coranique, contre la haine et la vengeance, je pleure pour les victimes des idées des autres, des extrémistes capitalistes ou des intégristes fondamentalistes, je pleure pour les victimes des bouchers gantés de slogans, d'idées et du sentiment d'avoir suffisamment raison pour se donner le droit de tuer. Je ne peux pas marrêter de pleurer. Linjustice envers lAmérique n'est pas plus grande, elle est mieux médiatisée. Nos panses sont bombées, leurs villages aussi. Nos supermarchés sont pleins, leurs camps dentraînement aussi. Les régimes amaigrissants font face aux régimes totalitaires. Ils ont faim, nous sommes anorexiques. Ils ont peur, nous avons la télé. Nous avons des doctorats, ils nont pas de docteurs. Nous avons du Prozac, ils nont pas de vaccin. Lécart est trop grand. Et même si nous ne sommes pas plus heureux, notre cinéma publicitaire prétend le contraire, il vend le mode de vie silicone et supermarché. Et eux nont rien. Et ils le savent. Ils le disent même, mais personne ne les écoute. Alors, ils écoutent les slogans des bouchers gantés didées, des vendeurs despoir, de sens. Ils apprennent la haine à lécole. Cachés derrière leurs fausses barbes, les pushers darmes et dhéro disent faire deux des héros. Ils nont que la mort comme vie. On leur promet le paradis, on leur donne un peu de poudre magique dans une enveloppe, un faux passeport pour lespoir, ils prennent lavion destination center of the world, et ils changent le monde. Ground zero. Les ventres vides sont des Ground Zero portatifs. Les curs sans espoirs sont des World Trade Center quotidiens. Je pleure et j'ai peur. Nous sommes en guerre. Et nous sommes lennemi.
Are we just gonna change the channel?
|
|
28
février 2001
7 novembre 2000 1
novembre
25 octobre
17 octobre 11
octobre
3 octobre
26 septembre 19
septembre
21 août
14 août
31 juillet 6
juin 2000 |