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01/11/2000 |
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7ième partie Nous sommes
encore à Srebrenica, aux frontières de la terre, là
où la vie s'arrête et où vivent les monstres. Janvier
Kino, photographe de guerre a trouvé Naozi, enfant muet, oiseau
du paradis. L'odeur est le sens qui stimule le plus la mémoire. Tsavo
: Peu-après, Janvier a voulu prendre une photo d'une milice
civile mais armée qui massacrait un village par désoeuvrement.
Janvier shootait, la milice shootait. La milice à été
plus rapide. Janvier a vu, l'obturateur à 2000ème de seconde,
la distance focale ouvert à l'infini, il a vu une balle perforer
son zoom 20-200, défonser ses miroirs, son boitier, sa corné
et finalement son cerveau. Dans le 2000ème de seconde qui a eu
lieu entre l'impact et la mort, la maudite, Janvier a eu le temps de diner
avec l'ennui, d'oublier Chimènechimère et de se dire qu'il
n'avait pas assez aimé. Il a eu le temps de se dire que la femme
de sa vie c'était l'infirmière à l'hopital, lors
de sa première blessure de photographe de guerre, c'était
la fille qu'il a laissée parce que les femmes sont trop belles
au printemps, c'était celle qui voulait lui faire des enfants,
c'était l'hotesse de l'air dans l'avion qui l'amenait en enfer,
c'était la serveuse du bar où Jhon et lui se saoulaient
avant chaque mission, c'était madame aujourd'hui, madame toujours,
celle qui est normale mais en vie, dont le sourire a un petit ventre charmant,
un peu de cellulite et les seins gonflés par le sentiment de vivre.
La femme humaine. Celle qui aura des rides et des enfants. Mais il est
mort sans lui dire au revoir. Jhon a pris en photo son équipement.
Il l'a joint à son livre. Maintenant, c'est à lui de la
chercher au travers des camps de réfugiés du cur que
sont les bars à 3 heures. Pour lui dire que Janvier l'aimait et
l'aime encore. Ils leurs montrent des photos. Jhon Smith
: Vous reconnaissez cette caméra ? Le pose-mêtre, ça
vous dis quelque chose ? Et ce cur vide ? Tsavo
: Mais, moi je ne le suis pas dans les bars. Je suis assis autour
de Jhon. 30 000 éléphants assis en cercle autour d'un pinguin
qui essaye de réanimer un caméléon. Autour, les bombes
et la terre qui se déchire. Et le soleil. Naozi ne regarde pas.
Naozi regarde le ciel. Il négocie avec la peur. Jhon Smith
: Un jour, ils vont nous dire que c'est les Américains qui
ont découvert l'Amérique. Et que c'est pour ça qu'elle
porte ce nom. Nous, on les croira. C'est vrai, je l'ai lu dans les journaux.
Tsavo
: La mémoire est morte. Tous ont oublié. Reste l'image
maintenant. Tout est sur microchip, tout est archivé, et l'information
s'entasse, la bibliothèque est ensevelie. La mémoire nous
parlait de tout ça. La mémoire, l'ancètre, la voix
du passé qui remontait à l'homme d'Éthiopie, au chasseur
de mammouth, au pecheur du poisson qui marche, au cueilleur de l'algue
bleue. Elle savait nous parler de la douleur, et de la force de vivre.
Mais depuis que la terre tourne autour du soleil, depuis qu'elle n'est
plus plate, depuis que la lune n'est plus un dieu mais un pas pour l'humanité,
depuis que l'on pense comme une machine au lieu de sentir comme un arbre,
on apprend la solitude et le silence de l'univers. Jhon Smith
: Salut Janvier, embrasse miss Univers pour moi. Tsavo
: Janvier Kino a été enterré sur le bord de la
mer Adriatique, avec les mouettes qui s'y connaissent en dérive.
Le chant des mouettes est sacré. Les mouettes ne vivaient qu'au
bord de l'eau, mais depuis que les villes ont les vidanges comme une opération
à cur ouvert, les mouettes prènnent les piscines de
banlieue pour l'océan Pacifique, le plus grand de tous. 71 journalistes
tués en 1999. À la mémoire de Janvier, ils ont érigé
un monument avec sa photo coulé dans la pierre. Janvier
Kino : Ci-git, l'il ouvert qu'était Janvier Kino, photographe.
Que son courage ne soit jamais oublié. Janvier Kino, 1971-1995. Jhon Smith
: Janvier Kino a été enterré sur le bord de mon
cur, entre l'amour et l'admiration. C'est mon meilleur ami. Je n'ai
pas vu Naozi à l'enterrement, je n'ai pas vu Naozi depuis. Quand
le silence frappe, je me souviens de Naozi. Je me souviens de Janvier
comme d'une odeur. Je me souviens de la fragrance de son rire sincère,
de ses larmes et aussi de son rêve d'emboîteur de mémoire.
Je me souviens de l'odeur d'amoniac de sa peur.
À
suivre.
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commentaires ??? motelmurders lecabinet.com |