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11/10/2000 |
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4ième partie Tsavo est
un troupeau de 30 000 éléphants fantômes. Jhon Smith
est employé de la Croix Rouge à Srebrenica et Janvier Kino,
photographe de guerre. Tsavo
: Les missions s'acheminent comme des mauvais souvenirs. Les femmes
implosent devant les souliers de leurs fils, devant la chemise du père
de leurs nombreux enfants. Les fiancées s'arrachent les cheveux,
les pleureuses se graffignent le visage. La routine de la mort, de l'oubli
s'installe comme un traumatisme. Jhon et Janvier
arrivent dans un village immolé. Entre les maisons en fumées,
les cadavres et les chiens qui rodent et qui mangent les dépouillent,
un enfant. Seul âme qui vive outre les chiens, les mouches et les
rats. Naozi, l'enfant muet, l'oiseau du paradis. Naozi
: Depuis toujours, j'ai voulu être pilote d'avion. Moi, c'est
ça que j'aime, les avions, leurs ailes, leurs refus d'obeir à
la loi de la gravité, les hélices et le coucher du soleil
sur les gros nuages confortables. Chez moi,
c'est la guerre depuis que je me rappelle. Moi, je suis né quand
la guerre a mis ses grosses fesses sur la ville. Je l'haïs, la guerre,
la méchante, plus que la peur, plus que la peur d'être laissé
seul. Je n'ai pas
encore 10 ans, et ça suffit. J'ai décidé. Maintenant,
je suis muet. Plus personne ne me fera parler. Ils sont arrivés
la nuit. Moi, j'ai peur la nuit. J'ai peur de pleins de choses, mais c'est
normal, la guerre, ce n'est pas une vie. Ils sont arrivés et ils
ont mis des poupées dans les lits de ma maison. Les poupées
qu'ils ont mit à la place de ma famille avaient la tête séparée
du corps. Ils sont arrivés sans sirènes. Moi j'ai vraiment
peur des sirènes. Mais surtout, plus que tout, j'ai peur d'eux. Notre maison
a nous n'est pas morte parce que moi, je me suis caché derrière
le portrait du président de la guerre, le gros portrait qui est
gros et qui est aussi une porte secrète, il ne faut pas en parler,
mais moi, je n'en parlerais pas, je ne parlerais plus jamais, à
part dans ma tête, où ça parle tout le temps. Mon
père m'a dit cache-toi là et ne sort pas. Et ne parle pas,
ne dis pas un mot, quoique tu endentes. Et j'ai entendu. Et c'est les
cris. Et je les entends encore, c'est très fort, je ne parle pas.
Je suis muet. Mon père, ma mère mes surs, mon frère
et le petit dans le ventre, ils se sont caché dans ma tête
eux, parce qu'il n'avait pas assez de place derrière le portrait.
Je ne dirai
rien sous la torture. Je ne dirais pas où ils sont cachés.
Je suis muet. J'ai décidé. Quand je suis sorti du portrait,
ils avaient mis des poupées avec pas de tête pour fair croire
que ma famille etait là et qu'elle dormait dans le sang froid qui
n'est pas la vie parce que la vie est bleue et chaude. Ma famille, ils
ont une tête. Un jour la guerre va finir et les photos du président de la guerre vont tomber des avions, du ciel, les mêmes photos que celles derrière laquelle je me suis cachée. Derrière chaque photo, il y aura quelqu'un de caché, et plus personne ne sera mort. Moi je vais avoir un avion, je vais monter voir les nuages confortables, très haut, et ils vont arrêter de crier dans ma tête, ils vont sortir et je vais rester avec eux, avec les nuages, avec Dieu. Parce que Dieu n'est pas mort, moi j'ai toujours été dans la guerre, alors il vit sinon, c'est trop difficile. Je vais prendre un avion, je vais monter très haut, et plus jamais je vais redescendre.
À
suivre.
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