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Love tears and dynamite
Ou la nuit d'amour de Osaka Habibi.
Nous sommes dans une chambre de motel. L'éclairage allogène
est trop fort ce qui rend la pièce surexposée. Un couple fait
l'amour sur un lit d'eau sans drap. Leur peau humide colle sur le plastique
blanc du lit. Ils sont nus et imberbes.
John
Free : Pourquoi tu pleures, miss cuisse lisse ?
Osaka : Tais-toi.
John Free : Tell me miss sexy, pourquoi les larmes, si tu jouis ?
Si tu veux, on arrête.
Osaka : Tes formidable.
John
Free : De qui tu parles ?
Osaka : Jen connais pas moi des crocodiles qui lâchent
leurs proies sans avoir craché leur petit oiseau.
John
Free : Je connais personne qui a vu un crocodile.
Osaka : Moi, jen ai vu, en Floride.
John
Free : Quest-ce qui se passe ? Quest-ce que tas
?
Osaka : Chante-moi une chanson.
John
Free : Comment ça, chante-moi une chanson ?
Osaka : Continue à me baiser, pis chante moi une chanson,
je te dis, ça me donnera limpression que tu écoutes
pas.
John Free : Voyons.
Osaka : Sil te plaît.
John
Free : Quest-ce que tu veux que je chante ?
Osaka : Nimporte quoi, mais va jusquau bout de la toune,
pis si jai pas fini, recommence-la au début. Jure que tu
vas le faire, que tu vas pas arrêter.
John
Free : Pourquoi, merde ?
Osaka : Jure sinon je men vais et on ne se revoit jamais.
Jure.
John
Free : Ok, Ok, je le jure.
Osaka : Vas-y chante.
John
Free : Yes sir. (Il chante).
Osaka : Tu sais mon ventre, la butte en haut de mon sexe que tu
aime tant, tu sais mon ventre, le bout du tunnel où ton pénis
est lové, mon petit ventre, et bien, en dessous de la peau que
tu aime mordre, en dessous du nombril que tu chatouille du bout de ta
langue, en dessous, cest une ville bombardée, cest
le désert sale, un dépotoir sec, un vieux sac souillé.
Mon petit labo à bébé, cest un vieux char rouillé
par où passe le vent, un vieux char dans une cour à scrap
abandonné, cest une histoire du passé, un rêve
dhiver. Je ne pourrais jamais enfanter. Le salaud en blanc au regard
dazote, aux gants givrés, il me la dit. Il me la
montré sur ses petits schémas, sur son écran. Il
y a rien à faire. (Peu à peu, il arrête de chanter).
Cest un trou noir, mon utérus, un sac vide, un cimetière
à ftus, une cause perdu de plus. Arrête pas de chanter,
mon salaud, ta juré, mon beau salaud, tas juré
(Elle lui martèle le ventre, il recommence). Fais-moi jouir,
mon enfant de chienne, fais moi jouir
Le dégueulasse aseptisé,
il me la montré, avec les x-rays, les éprouvettes
et les graphiques. Fais moi jouir, mets de leau dans mon désert,
enfonce-moi des lames de rasoirs si tu veux, je veux un enfant de toi,
merde, je veux une enfant de toi, me comprends-tu ? Pourquoi tu pleurs
?
(Il continue de chanter).
Osaka : La prochaine fois, on fera lamour sous la douche.
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